L’environnement est un enjeu social et humain pour les générations futures. C’est aussi un sujet d’actualité comme en témoignent la
taxe carbone et le
prochain sommet de l’ONU sur le climat à Copenhague, L’Ultimatum climatique. En effet, les délégués de presque 200 pays se réunissent en décembre 2009 dans la capitale danoise pour tenter de se mettre d’accord sur un nouvel accord international de lutte contre le changement climatique, qui remplacera le
Protocole de Kyoto dont la première phase arrive à son terme en 2012.
Opodo vous présente la réalité de la place de l’avion dans le changement climatique et les actions concrètes des compagnies aériennes afin de limiter leur empreinte écologique.
Le transport aérien et le réchauffement climatique
La température moyenne a augmenté d'environ 0.7°C à la surface de la Terre au cours du 20ème siècle. Les études récentes des spécialistes de l’environnement estiment que le climat de la terre pourrait se réchauffer de 1,1°C à 6,4°C d’ici la fin du siècle. Il serait marqué par une plus forte instabilité et une nette augmentation de la fréquence, de l’intensité et de la durée de phénomènes climatiques extrêmes.
►Quelle est la part du transport aérien dans le réchauffement climatique ?
►
Quelle est la part des émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements touristiques ?
Le transport aérien est parfois montré du doigt comme étant le plus gros émetteur de CO2. Ce qui est faux. Si l’ensemble des transports par mer, air, train représente 27 % des émissions de gaz à effet de serre, l’Organisation mondiale du tourisme précise que l'industrie du Tourisme génère 5% des émissions de gaz à effet de serre :
- 3% des émissions de GES (gaz à effet de serre) sont liées aux voyages hors aérien
- le secteur aérien représente 2 % des émissions totales de gaz à effet de serre et devrait passer à 3 % en 2050.
Emission de CO2 : le secteur aérien vise la croissance zéro en 2020
L’Association internationale du transport aérien (IATA) a pour ambition de faire du transport aérien une industrie neutre en carbone.

"À l’horizon 2020, nous avons décidé de bloquer le niveau de nos émissions et cela, malgré l’augmentation du trafic. Nous sommes la première industrie au monde à nous engager sur des mesures aussi radicales”, a déclaré Giovanni Bisignani, Président de IATA lors de l’assemblée annuelle en Malaisie en juin 2009. “Nous voulons même réduire de 50 % nos émissions à l’horizon 2050.”
En moyenne, les compagnies aériennes vont diminuer leurs émissions de 1,5 % à 2 % par an. La baisse atteindra même 7 % en 2009 en raison de la crise économique mais aussi grâce à des mesures d'économies d'énergie.
Selon Paul Steele, responsable IATA pour l’environnement, l’association s’appuie sur quatre piliers pour la réduction des émissions : les investissements technologiques, les procédures aériennes, l’amélioration des infrastructures et une meilleure gestion économique.
♦ Côté technologique, les nouveaux appareils entrant en service permettent de réduire la consommation de kérosène de 25 % à 30 %, avec d’autres baisses probables à l’avenir.
♦ IATA mise notamment sur les agrocarburants de deuxième génération qui pourraient faire baisser les émissions de 80%, a estimé Giovanni Bisignani.
C’est à tous les acteurs de la chaîne du tourisme (promoteurs, industriels, organisateurs, réceptifs, transporteurs, Etat etc.) de se mobiliser pour proposer des solutions tout à la fois respectueuses de l’environnement et économiquement abordables pour le voyageur. Transporteurs, aéroports et organismes aériens agissent depuis quelques années afin de réduire leur impact environnemental :
- les compagnies aériennes ont déjà économisé 44,5 millions de tonnes de CO2 entre 2004 et 2007, soit l'équivalent de 7,7 milliards de dollars en coût de kérosène,
- des compagnies aériennes comme Brussels Airlines diminuent la voilure : la compagnie a décidé de réduire la vitesse de ses vols européens afin d'économiser du kérosène,
- des plateformes aéroportuaires développent leurs technologies pour mieux limiter la pollution et diminuer la consommation de kérosène des avions comme la piste Echo à Roissy-Charles de Gaulle,
- IATA utilise de nouvelles routes plus courtes pour les avions.
L’envol vert des compagnies aériennes
Certaines des plus grandes compagnies aériennes au monde inscrivent leurs actions dans une optique de réduction de leurs émissions de CO2.
1. Air France
L’environnement constitue une priorité pour le groupe Air France- KLM.
♦ La compagnie propose à ses clients de compenser les émissions de CO2 liées à leur voyage en lien avec l’association GoodPlanet et à son programme Action Carbone. Air France-KLM soutient deux projets :
- la fabrication de charbon "vert" à partir de résidus agricoles dans la région de Saint Louis au Sénégal,
- la diffusion de réservoirs à biogaz dans le district de Weining en Chine.
♦ Le renouvellement de sa flotte est un moyen essentiel d’affronter le défi du changement climatique grâce à la réduction de la quantité de CO2 produite. Les avions modernes ont une meilleure efficacité énergétique, calculée en litres de kérosène consommés par passager standard et par 100 km parcourus. En 2008, Air France a fait l’acquisition de 9 nouveaux avions, tandis que 9 anciens étaient retirés. Dans les 5 prochaines années, la compagnie a prévu d'investir 4,5 milliards d’euros pour le renouvellement de sa flotte.
♦ Air-France-KLM soutient des programmes de recherche en énergies renouvelables, tels que les biocarburants destinés à l'aviation.
2. British Airways
La compagnie britannique s’est engagée dans la diminution de son impact environnemental.

♦ BA se fixe comme objectif de diminuer de 25% son apport en CO2 d'ici à 2025 en investissant dans les biocarburants avec Rolls Royce et dans des matériaux plus respectueux de l'environnement. British Airways a déjà réduit ses émissions de carbone de 28% depuis 1990, soit 60 millions de tonnes de CO2.
♦ Son plan "réduction carbone" comprend plusieurs projets :
- le renouvellement de sa flotte avec la commande de 12 Airbus A380 et 24 Boeing 787 Dreamliners moins polluants que les avions actuels,
- un programme d'aide au développement des éoliennes et des usines hydroélectriques en Chine et au Brésil.
3. Tap Portugal
♦ Depuis le 5 juin 2009 la compagnie portugaise propose au client lors de sa réservation en ligne de compenser les émissions de carbone générées par son voyage. Outre les informations relatives aux quantités de CO2 dégagées par le trajet en avion, le site indique tout ce qu'il faut savoir sur le projet de compensation sélectionné et en faveur duquel sera investi l'argent provenant de la contribution du passager.
TAP Portugal a sélectionné un projet d'énergie renouvelable : le projet hydro-électrique Aquarius à Itiquira dans l'Etat du Mato Grosso au Brésil. En se substituant partiellement à l'électricité produite à partir du pétrole et du charbon, le projet réduit l'émission moyenne annuelle de gaz à effet de serre à hauteur d'environ 15 000 tonnes de CO2 par an.

4. American Airlines
La compagnie américaine a déjà entrepris des actions environnementales :
♦ la baisse de sa consommation de kérosène de plus de 420 millions de litre par an,
♦ la commande de nouveaux appareils B737-800 pour remplacer les anciens MD-80 diminuant de cette manière de 35% les émissions de CO2 par siège et par mile parcouru.
5. Transavia
La compagnie low-cost d’Air France/KLM entreprend diverses actions environnementales :
♦ le covoiturage proposé aux clients pour se rendre à l'aéroport, moyen de transport plus écologique,
♦ la baisse de la consommation de carburant en vol liée notamment à un meilleur taux de remplissage,
♦ la diffusion en cabine de reportages sur la bio-diversité.
6. Continental Airlines
♦ Le 7 janvier 2009 Continental est devenue la première compagnie commerciale nord-américaine à tester le biocarburant en vol à partir de composants dérivés d'algues et de plantes de jatropha (plante des régions semi-arides).
7. Le groupe Scandinavian Airlines System (SAS)
Planer pour réduire le carburant et le CO2, telle est la nouvelle procédure d'atterrissage du groupe SAS afin de réduire à la fois la consommation de carburant et les émissions de dioxyde de carbone. Naviguer en "mode planeur" permettrait d'économiser environ 100 kg de carburant, soit l'équivalent de 300 kg de dioxyde de carbone relâché en moins dans l'atmosphère quand le carburant est brûlé.
Voici quelques illustrations d'engagements concrets et responsables de la part de compagnies aériennes soucieuses de maîtriser les impacts environnementaux de leurs activités.
Quelle est votre opinion sur ce type d’actions responsables de la part des compagnies aériennes ?
Estimez-vous être suffisamment informé sur leur engagement écologique ?
Votre avis nous intéresse. Exprimez-vous sur ce sujet essentiel à la sauvegarde de notre planète.